Skyros – Le Nord

Du port de Linaria, en remontant par la côte ouest, se succèdent de magnifiques petites plages, des lieux-dits croquignolesques où l’on poserait bien ses valises pour les vingt prochaines années, des points de vue époustouflants ; dame Nature y est généreuse, peinturlurant de vert les collines tapissées de pins. En ce début juin, les criquets s’en donnent à cœur joie et comme la saison touristique n’a pas encore commencé, c’est la seule musique que vous entendrez en allant piquer une tête. Sur la plupart de ces plages, nous nous sommes baignés dans la tranquillité la plus absolue en semaine, les partageant avec quelques familles athéniennes le week-end.

Acherounes

Première plage après Linaria, pas la plus jolie, pas la plus propre, la seule en fait à faire un peu tâche dans la succession des sites à fort caractère qui se succèdent tout au long du parcours.

Pefkos

Ah, Pefkos, ma plage préférée, qu’on atteint en descendant une trentaine de marches parmi les pins. L’eau cristalline, le sable blond, des lauriers roses, le contraste entre la couleur émeraude des arbres et le bleu lumineux de la mer en fait un lieu enchanteur. Et comme la taverne d’à côté est succulente, le lieu doit être beaucoup moins calme en juillet et août.

Aghios Fokas

Ma moitié l’a désignée plage du séjour… alors oui, la petite baie toute mignonne, posée elle aussi dans un écrin vert, offre des baignades dans une eau translucide et la solitude du lieu permet de voir à l’œuvre les mouettes pêcher à deux mètres de votre serviette. Une maison à l’abandon, à l’opposé de la taverne qui grille les poissons à la demande, donne des envies de vie simple et retirée au bord du rivage… chimères qui reviennent inlassablement dès qu’une île grecque encore préservée me met sous les yeux une bicoque qui attend qu’on lui redonne vie.

Entre Aghios Fokas et Pefko, arrêtez-vous à la petite chapelle d’Aghios Panteleimon. Si celle-ci n’a pas d’intérêt particulier, la vue en à-pic qu’elle offre sur Pefko jusqu’à Linaria, en fait un promontoire de choix.

Atsitsa

En suivant la côte après Aghios Fokas, on atteint Atsitsa, minuscule port de pêche qui offre une toute petite plage de galets, pas pratique et beaucoup moins charmante qu’Aghios Fokas et Pefko. Atsitsa tient son nom de l’îlot qui lui fait face et reste le dernier vestige de l’activité minière de l’île – on peut encore découvrir les piliers de pierre qui permettait au minerai de fer d’être acheminé vers le port, et ce qui devait être la maison de maître d’un galonné de la compagnie, bien restaurée. Le lieu est tout petit, aujourd’hui silencieux. Les quelques maisons dégringolent jusqu’au rivage où se gondolent les barquettes des pêcheurs de homards. On y ressent une quiétude totale, tant les rares habitations se fondent dans ce décor naturel de carte postale.

À moins d’être dotés d’un quatre-quatre, je vous déconseille la route intérieure qui relie Atsitsa au Chora en contournant le mont Olymbos. D’abord parce qu’elle n’a rien d’extraordinaire, ensuite parce que certaines portions mettront à mal votre bas de caisse si vous avez comme nous loué une simple Fiat Pounto.

Aghios Petros

En remontant tout droit (à gauche de l’aéroport militaire), ne loupez pas la magnifique baie d’Aghios Petros. Le dernier kilomètre se fait sur une piste peu praticable après un orage (ce que nous ignorions avant de nous y engager) – ça descend sec, c’est glissant et la piste est constellée de nids-de-poule. La baie très ventée et ses côtes déchiquetées lui confèrent un sacré air breton, surtout après un aprés-midi de pluie battante. Ce ne sont plus les mêmes flots bleu azur qui baignent le littéral, mais une mer très agitée qui fouette ses forts courants sur des rochers hachés. La baie était déserte ce jour-là, mais aux beaux jours, elle abriterait dans ses grottes, en retrait de la plage, de jeunes Grecs venus passer l’été à la mode hippie.

Palamari

À droite de l’aéroport, c’est la douce baie de Palamari, qui offre une plage préservée de toute construction, au-dessous d’un site archéologique, malheureusement « hors saison » bouclé. C’est la totalité d’un hameau fortifié (2500 à 1800 av. J.-C.) et de son port important qui a été mis au jour ; des fouilles a surgi un plan urbain très organisé, avec des routes, des bâtiments imposants, protégés par des bastions. On peut découvrir les outils, les bijoux, les armes découvertes sur le site au musée archéologique de Chora.

Ghyrismata, Pouria, Molos et Magazia

Enfin, la route tourne doucement vers Chora, en suivant les grandes plages de sable qui se suivent en formant un angle droit à l’Est de l’île. Nous sommes moins enthousiastes devant ces plages (même si elles sont parfaites pour les familles avec enfants), car on devine à quoi elles peuvent ressembler à la haute saison, tapissées de transats… Pouria demeure pourtant un lieu qui dégage un charme fou, avec son moulin, ses anciennes carrières de pierres rouges, qui ont laissé comme d’étonnantes sculptures entourées d’eau salée, et cette très émouvante chapelle creusée dans le roc, Aghios Nikolaos, image emblématique de l’île. En face, sur le petit îlot de Vrikolakonisia, une autre petite chapelle, Aghios Ermalaos, veille sur cet espace pétrifié de Skyros où le temps s’est arrêté.

clin d’oeil amical à S. Taillefer !

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