Skyros pratique

Comme mentionné dans le post précédent, Skyros ne foisonne pas de bonnes adresses pour se loger. D’abord, parce que ce sont les Athéniens qui forment le plus gros bataillon de touristes et qu’ils disposent tous sur l’île d’une maison privée. Ensuite, parce que le Chora, le port de Linaria et le village d’Aspous concentrent tout ce que l’île compte de services et de magasins de première nécessité (pharmacies, boulangeries, épiceries). Les villages indiqués sur les cartes sont en fait des baies bien protégées où l’on peut compter trois ou quatre maisons de pêcheurs, ou bien dans les terres, de simple « lieux-dits », peuplés d’une poignée d’agriculteurs. Vous n’y trouverez rien d’autre que le silence et la quiétude, des plages désertes et des troupeaux de moutons. Ce n’est pas à Skyros que vous ferez flamber votre carte bleue et que vous passerez de folles soirées… Un véhicule est évidemment impératif pour se déplacer et se ravitailler, surtout si vous louez une maison en dehors des trois villages cités plus haut.

Skyros plaira aux amoureux d’une certaine Grèce, qui n’est pas celle de Mykonos, de Naxos ou de Santorin. Comme Cythère ou Folégandros, elle semble hors du temps, préservée, dédaigneuse des temps modernes et du tourisme de masse. Elle peut même paraître sur la réserve, un peu boudeuse au premier abord. Surtout si comme nous, vous l’abordez sous un ciel très chargé et une mer grise et brutale. Mais si vous êtes curieux, patients, un peu chanceux parfois, si vous suivez les bons conseils des locaux, et si vous savez ouvrir des portes avec trois mots de grec et un sourire, vous sentirez que ça vibre sacrément bien à Skyros.

 

Gîte et couverts

C’est sur les hauteurs de Chora et à ses pieds, le long des trois longues plages de sable qui se suivent (Magazia, Molos et Pouria), qu’on trouve la majorité des chambres chez l’habitant, les studios et les petits hôtels. Ne vous attendez pas à une enfilade de bars, de tavernes, de boutiques pour touristes, il n’y a rien de tout cela, même dans ce coin le plus « exploité » de l’île. Il nous a fallu marcher le premier soir une bonne quinzaine de minutes pour trouver l’unique bar de plage ouvert avant le 15 juin… fort sympathique au demeurant, mais encore bien paisible.

Nous avons choisi de nous loger à l’Hôtel Ammos, l’un des deux hôtels un peu haut de gamme de Skyros (l’autre étant à Chora). Aucun regret, bien au contraire, de par la qualité du lieu (une petite vingtaine de chambres à la déco très soignée dans de petites maisons cubiques, autour d’une piscine d’eau de mer), l’accueil chaleureux de la famille et l’attention portée aux moindres détails pour satisfaire les visiteurs. L’hôtel est aussi reconnu pour sa table confiée à une chef d’Athènes, et pour le buffet de son petit-déjeuner, dédié aux spécialités grecques. Petit conseil en passant : évitez au maximum de passer par les centrales de réservation, genre « booking ». Envoyez plutôt un mail directement aux propriétaires du studio ou de l’hôtel qui vous plaît, négociez si vous restez au moins une semaine, proposez de payer en cash (oui, et alors ???) et vous aurez la bonne surprise de voir votre note baisser nettement. En ce qui nous concerne, réduction de 15% et un surclassement de chambre avec une grande terrasse privative vue sur la mer. Cerise sur le gâteau, le propriétaire, qui avait remarqué que je carburais au « tsaï tou vounou», m’offrira lors de notre départ deux sachets remplis d’herbes séchées locales. Inutile de préciser que nous avons eu beaucoup de mal à quitter l’endroit…

Pour prendre un verre les pieds dans le sable :

Juicy Bar, sur la plage de Magazia

Bel endroit sympa, déco de bois flotté, bons cocktails et ouzo de Plomari. C’est l’endroit un peu « in » de l’île pour la jeunesse athénienne en saison – doit donc être bruyant et bondé – mais très calme en juin.

Tavernes – toutes appartiennent à des familles d’agriculteurs et de pêcheurs, qui trouvent là un complément de revenu en saison (produits locaux de très bonne qualité). Ouvertures encore chaotiques, voire fantaisistes pour certaines en juin…

Taverne Psariotis, au port de Linaria

La valeur sûre du port, le poisson passe du caïque à votre assiette. Très bonne soupe de poissons et spécialité de pâtes aux langoustes. Les tablées de Grecs le week-end garantissent la qualité des assiettes très copieuses.

Taverne Stamatia, sur la baie de Pefkos

Taverne familiale dans l’un des plus beaux endroits de l’île (mon coup de cœur en fait). Pas de carte, le fils débite les plats du jour que sa mère concocte aux fourneaux. Seul regret, le petit nombre de touristes limite la liste de plats proposés hors saison. Néanmoins, excellents calmars et salade d’aubergines à tomber. Pour les plats de homards et langoustes, prévenir la veille.

Taverne Kyrias Kalis, sur la plage d’Agios Fokas

La taverne préférée de ma moitié, avec un mixte de poissons ultra-frais et de grillades au barbecue. Propriétaire un peu revêche la première fois mais qui se détend au fil des jours. Le potager est juste derrière, le cousin ramène les poissons, le mari gère le feu de bois… tout est bon !

Taverne Stéfanos, plage de Magazia

La taverne la plus ancienne de Skyros, très courue… et très décevante car littéralement infestée de moustiques. Nous y croiserons plusieurs Français qui logent dans le coin, mais qui eux n’ignorent pas qu’on doit venir dîner en chemise longue et chaussures fermées. Nous écourterons carrément notre repas, suite à l’assaut des bestioles (je dénombrerai en rentrant 14 piqures en une heure). Aucune raison donc d’y revenir, d’autant que la carte n’a rien de très original.

Taverne  Istoriès tou Barba, plage de Molos

Ah, un autre coup de cœur que cette vieille taverne de pêcheurs, très fréquentée par les locaux (nous y avons croisé un dimanche toute la famille au sens large de la taverne Stamatia de Pefko). La spinakopita est ici une galette soufflée faite à la minute, garnie d’herbes locales qui rappellent un peu le fenouil, légère et parfumée. La horta n’a rien à voir avec la saveur habituelle, on la prépare ici avec des herbes de la montagne, qui alternent selon les saisons. C’est fin et plein de saveurs. Le poisson est évidemment très bon. Je suis un peu plus réservée sur la soupe de poissons, trop grasse à mon goût.

Taverne Mouriès, derrière Kalamitsa

Une table dans les terres, pas loin de la plage de Kalamitsa, très réputée mais aussi connue pour son programme de protection des petits chevaux de Skyros. La famille cultive ses terres, élève chèvres et moutons, et accueille de jeunes Européens férus de chevaux qui s’activent aux écuries. Le pain est fait maison, dans le four que l’on voit sur la terrasse et tout est succulent. La carte est bien garnie en viandes de toutes sortes, grillées, mijotées, cuisinées, mais les plats de légumes goûteux raviront les végétariens. Portions plus que généreuses, la sieste au frais est incontournable ensuite !

Anemomylos, tout au bout de la plage de Pouria

Le moulin de Pouria est devenu un bien bel endroit, très bien placé pour les couchers de soleil en sirotant un verre. Une carte courte mais intéressante vous permet de rester affalés sur les coussins pour enchaîner avec le dîner. C’est là que l’on vient quand on sature du tzatzíki et de l’houmous. Belles salades, deux trois plats de viande, des pâtes aux légumes et une très belle carte des vins. Ce sont les propriétaires de notre hôtel que nous croiserons ici un samedi soir. L’ambiance est jeune, sympa et décontractée.

Évidemment, la table de notre hôtel Ammos

On n’est pas ici dans une taverne et les plats sont des merveilles de finesse. Quand la cuisine grecque est revisitée par une chef, cela donne de très belles choses ! Mention spéciale pour les pâtes aux crevettes que l’on commande 24 heures à l’avance (pour quelles soient bien fraîches) et la qualité des vins (la propriétaire de l’hôtel est issue d’une famille de vignerons, ça aide un peu). Pour le midi, plat du jour et carte de salades, tout aussi alléchants

Tavernes recommandées mais pas testées (pas encore ouvertes ou trop bizarrement mal ouvertes)

O Pappous Kai Ego, pas loin de Mouriés, en allant vers la plage de Kalamitsa.

Taverne O Andonis sur le tout petit port d’Atsista, taverne où sèchent les filets du bateau qui se dandine au bout du ponton. Une langouste orne les murs de cette maison et nous a fait saliver à chaque passage. Vous aurez plus de chance dès le début juillet !

 

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